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Le bois, une solution contre la flambée des prix de l'énergie
Avec une image rajeunie et une offre d'équipement diversifiée, le bois apparaît comme une source d’énergie d’avenir.

Un samedi d'automne, dès l'ouverture du show-room d'une marque connue de cheminées, dans une zone industrielle du Val d'Oise, les premiers visiteurs se croisent. Deux couples, l'un de trentenaires, l'autre plus près de la cinquantaine, suivis d'un retraité venu sans son épouse. S'ils sont différents par leur âge et leur profession, leur préoccupation est la même : intégrer le bois dans leur installation de chauffage domestique.



Pour les plus jeunes, "primo-accédants" dans le jargon immobilier, il s'agit de s'équiper d'une cheminée. "Mais pas question évidemment d'installer un foyer ouvert", déclare tout de go, madame. Un choix qui ne surprend pas le vendeur, qui constate que "ces cheminées d'agrément ne se vendent plus." Mieux, elles seraient même, pour nombre d'entre elles, en passe de reconversion si on en croit les autres chalands, propriétaires de plus longue date qui, pour leur part, envisagent "de s'équiper d'un insert ou d'un poêle."

À l’achat, les garantie du Label Flamme Verte Ce label de qualité a été développé en collaboration avec l'Ademe (agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'énergie).
Il concerne les cheminées à foyers fermés, inserts et poêles. Il garantit des appareils de chauffage fiables, économiques et respectueux de l'environnement.
Ces appareils doivent offrir un rendement d'au moins 60% et rejettent moins de 1 % de CO dans les fumées.
Installation, les normes s’imposentL’installation et l’utilisation d’un appareil de chauffage au bois obéissent à des critères concernant l'emplacement du conduit, le volume de la pièce, le poids de la cheminée et surtout, à des normes de sécurité.
La qualité du tirage est primordiale et dépend :
- du raccordement de l’appareil au conduit de fumée : section adaptée, dimensionnement, isolation et possibilité de nettoyage.
- des caractéristiques du conduit : isolation thermique, hauteur et débouché au-dessus du toit (40 cm au dessus du faîtage), profil régulier, étanchéité, trappe de ramonage accessible.
C’est pourquoi, il est préférable que la mise en œuvre des appareils soit réalisée par un professionnel selon les normes fixées par décret du 22 octobre 1993, notamment :
- la norme 1NF P 51-202 (référence DTU 24.2.1) pour les cheminées à foyers ouverts équipées ou non de récupérateur de chaleur
- la norme 2NF P 51-203 (référence DTU 24.2.2) pour les cheminées à foyers fermés ou inserts.
L’entretien régulier de l’installation (nettoyage, ramonage) a également sont importance tant pour la performance énergétique que pour la sécurité.
Le label de qualité des installations de chauffage au bois à d'ailleurs été créé.
 

Cette demande, désormais rituelle, à partir d'octobre, dans la plupart des points de vente, a conduit 570000 ménages à faire l'acquisition d'un appareil de chauffage au bois en 2006. Ils étaient 408000, l'année précédente, contre 235000 en moyenne seulement, avant 2000. Face à ce succès, en revanche, les ventes de cheminées "à l'ancienne" sont restées stables, autour de 95000 unités par an
Une si chère énergie!L'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) se félicite de ce décollage qui vient, à point nommé, récompenser ses efforts, au terme du second programme Bois-énergie 2000-2006. Un succès qui doit beaucoup aux incitations fiscales - avec un taux réduit de TVA à 5,5 % sur la fourniture et l’installation et un crédit d'impôt de 40% sur le prix de certains équipements - auxquelles s'ajoutent souvent des subventions diverses suivant les régions. Cette politique de soutien de la demande des particuliers est d’autant plus justifiée que le chauffage domestique représente toujours plus de 85% de l’utilisation du bois-énergie.
Mais la principale raison de cette embellie n'est pas la bienveillance du fisc. Pour Laurence Plaige, du Centre régional de la propriété forestière de Nogent-sur-Vernisson, «il est clair que la hausse des produits pétroliers stimule la demande de bois et fait évoluer le parc vers ce type de chauffage.»
Face à un baril de pétrole qui tutoie les 100 dollars, le bois commence à être perçu comme une alternative – ou tout au moins un complément – sérieux aux énergies fossiles.
Ce choix n'est d’ailleurs plus un trait spécifique de la ruralité et rencontre désormais un franc succès partout où fleurit l'habitat individuel, notamment dans les zones péri-urbaines. La preuve : au moins 15% des foyers franciliens sont aujourd'hui équipés et consomment environ 2,2 millions de m3 de bois de chauffage soit presque autant qu'en Franche-Comté ou en Bretagne.
Pourtant l'Observatoire de l'énergie du ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables (ex. Direction Générale de l'Énergie et des Matières Premières) est, sur ce point, plus nuancé. Ses statistiques font en effet apparaître, pour 2006, un léger repli de l'utilisation de bois de chauffage dans le secteur résidentiel et tertiaire. En cause, selon les experts, un climat globalement plus doux que le climat moyen de la période précédente.

 
  Poêle scandinave Solea de Wanders - © Wanders

Course au rendementPour Lamine Badji, de l'Institut du bois-énergie (ITEBE), "le réchauffement climatique n'est pas la seule cause de ce repli, il faut également tenir compte des performances des équipements et des combustibles de nouvelle génération dont le rendement permet d'optimiser désormais nos ressources en bois-énergie. "
Ce que confirme d'ailleurs, la dernière enquête de l'Ademe sur le marché des appareils en 2006. En fait, plus que le nombre d'unités vendues qui a dépassé le niveau de 1985 depuis un an seulement, c'est le choix des équipements qui, selon l'agence, traduit le mieux le nouvel engouement pour le chauffage au bois.
Alors que les foyers fermés et inserts ne progressent que de 14% l’an, avec une préférence pour les inserts - surtout "des appareils d'entrée de gamme achetés en GSB" - les poêles font un bond annuel de plus de 50%, porté par le succès des modèles scandinaves à granulés qui occupent près d'un quart de ces achats. Selon l'Agence, cette évolution, si elle ne suffit pas, bien loin s'en faut, à nous placer au niveau de l'Allemagne ou de l'Autriche, constitue un signe encourageant pour l'innovation en matière d'équipements et de combustibles. Quant aux chaudières, même si elles ne représentent que 4% des ventes, leur nombre a plus que doublé entre 2004 et 2005.
Une offre diversifiéeEn fait, la relance des ventes d'appareils s’appuie sur deux types de clientèle : l’une, pour qui le critère économique est prédominant et qui, face à la hausse constante du prix des énergies fossiles, adopte le chauffage au bois comme appoint ; et l’autre, qui considère de plus en plus le bois énergie comme un facteur de la qualité de vie.
Les premiers, encore largement majoritaires, peuvent se satisfaire des appareils offrant un rendement à la limite du crédit d'impôt en utilisant plutôt le bois de chauffage sous forme de bûches. Les seconds, mieux informés, plus exigeants, optent d'emblée pour les équipements les plus performants, adaptés aux nouveaux combustibles bois à haut rendement. C'est cette clientèle que les producteurs et distributeurs de bois-énergie s'efforcent déjà de satisfaire et de fidéliser, avec une nouvelle offre de produits et de services.

Panorama des équipements Les cheminées d’agrément : D'un rendement énergétique faible, consommant beaucoup de bûches, elles ne sont d'ailleurs pas considérées comme appareils de chauffage et ne bénéficient donc d’aucune aide fiscale.
• Rendement de 0 à 15 %
• Combustible : bûches, briquettes
• Autonomie : 2 à 3h

L'insert : Ce type d'appareil qui permet d'améliorer le rendement de la cheminée, se présente sous la forme d’un bloc de plaques de fonte encastrable et équipé d’une porte vitrée en vitro céramique et d’une arrivée d’air pour réguler la combustion.
• Rendement de 30 à plus de 70 %
• Gamme de puissance en 5 à 20 kW
• Combustible : bûches, briquettes
• Autonomie : 10 h et plus

Le foyer fermé : Destiné à la réalisation d'une cheminée neuve, cet équipement qui se branche sur un conduit de fumée et habillé d'une cheminée décorative répond à un cahier des charges précis. L'air ambiant se réchauffe au contact de l'appareil grâce à un système d’ouvertures sur l'habillage. Les modèles les plus performants sont équipés d’un foyer à post-combustion.
• Rendement de 30 à plus de 70 %
• Gamme de puissance en 5 à 20 kW
• Combustible : bûches, briquettes
• Autonomie : 10 h et plus

Les poêles à bois : Dans cette catégorie d’équipements qui s'est beaucoup diversifiée ces dernières années, on range :
Les poêles de conception ancienne, solides, peu onéreux, aux performances limitées : régulation sommaire de la combustion, rendement de 40 à 50%, autonomie limitée de 3 à 6 heures.
Trois grands types de poêles de conception plus moderne, certains fonctionnant avec des bûches et/ou des granulés.
• Les modèles en acier et fonte ont un rendement assez élevé à régime normal, plus faible au ralenti. Leur autonomie est raisonnable, mais leur inertie thermique est relativement limitée.
• Les modèles en fonte et matériaux réfractaires ont des rendements élevés (entre 70 et 80 %), des émissions faibles et une bonne autonomie (de 8 à 12 heures). Ils bénéficient d’une inertie thermique importante. Plus coûteux, ce sont aussi les plus performants.
• Les poêles «cheminées» ou poêles scandinaves, au fonctionnement comparable, offrent des fonctions supplémentaires telle qu’une zone «chauffe-plats», un espace de stockage du bois et, surtout, un design soigné.


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